(Encadrant : Sandrine Selosse)
Longtemps présenté comme un vecteur de dématérialisation, le numérique repose en réalité sur des infrastructures physiques et des consommations croissantes de ressources : équipements, centres de données, réseaux de télécommunication, électricité, eau et matières premières. Le développement du cloud, du streaming, des objets connectés et, plus récemment, de l’intelligence artificielle contribue à accroître ces besoins, tandis que la fabrication des terminaux mobilise de nombreux métaux et concentre une part importante de leur empreinte environnementale (ADEME-Arcep, 2025 ; UNCTAD, 2024 ; IEA, 2025). Cette croissance interroge la capacité du numérique à contribuer aux transitions environnementales sans générer parallèlement de nouvelles pressions sur l’énergie, l’eau et les ressources.
Ce mini-projet propose d’analyser la soutenabilité des consommations liées au numérique en distinguant les principales composantes de son empreinte : fabrication et renouvellement des équipements, fonctionnement des réseaux et des centres de données, usages numériques et fin de vie (d’Orgeval et al., 2026). Il s’agira d’en reconstituer les principaux ordres de grandeur et d’identifier les facteurs expliquant leur évolution. Une attention particulière pourra être portée à la consommation d’eau des centres de données, notamment pour leur refroidissement, ainsi qu’aux interactions entre consommation d’eau et consommation d’électricité selon les technologies utilisées et les conditions climatiques locales.
L’étude pourra également mettre en évidence les fortes différences internationales dans l’empreinte du numérique, liées au mix électrique, à la disponibilité de l’eau, au climat, à la localisation des centres de données, à la structure des usages et au rythme de renouvellement des équipements. Elle pourra ainsi comparer des régions où le numérique repose sur une électricité relativement décarbonée à d’autres où sa croissance entraîne une hausse plus importante des émissions, ou encore des territoires où le développement des infrastructures numériques peut accentuer des tensions locales sur la ressource en eau.
Reconstituer les principaux ordres de grandeur des consommations du numérique : énergie, eau, matières premières et équipements.
Identifier les principaux postes d’impact sur l’ensemble du cycle de vie et leur évolution récente.
Comparer les situations internationales, notamment selon le mix électrique, le climat, la disponibilité en eau et la localisation des centres de données.
Analyser l’effet du développement du cloud, des centres de données et de l’intelligence artificielle sur les consommations et les éventuels effets rebond.
Évaluer les principaux leviers de réduction des impacts : efficacité énergétique et hydrique, allongement de la durée de vie, réemploi, recyclage, écoconception et sobriété.
ADEME & Arcep (2025), Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France et analyse prospective. [mise à jour de l’étude de 2020]
Belkhir Lotfi, Elmeligi Ahmed, Assessing ICT global emissions footprint: Trends to 2040 & recommendations, Journal of Cleaner Production, Volume 177, 2018, Pages 448-463.
d'Orgeval Alexandre, Sheehan Stuart, Avenas Quentin, Assoumou Edi, Sessa Valentina, Generative AI impact assessment through a life cycle analysis of multiple data center typologies, Applied Energy, Volume 406, 2026, 127288, ISSN 0306-2619
Freitag, Charlotte & Berners-Lee, Mike & Widdicks, Kelly & Knowles, Bran & Blair, Gordon & Friday, Adrian. (2021). The real climate and transformative impact of ICT: A critique of estimates, trends, and regulations. Patterns. 2. 100340. 10.1016/j.patter.2021.100340.
IEA (2025), Energy and AI. https://www.iea.org/reports/energy-and-ai
Malmodin, J. & Lundén, D. (2018), « The Energy and Carbon Footprint of the Global ICT and E&M Sectors 2010–2015 », Sustainability.
UNCTAD (2024), Digital Economy Report 2024: Shaping an Environmentally Sustainable and Inclusive Digital Future.